LA CARTE NE FAIT PAS LE TERRITOIRE

Déjà dénoncé par Actua-environnement en Mars dernier, l’effacement de certains points de captage de la cartographie IGN fait l’objet d’un article du Monde d’aujourd’hui  qui n’hésite pas à titrer :

Des points d’eau ont été effacés des cartes IGN pour ne pas avoir à les protéger des pesticides

EXTRAIT

« Un rapport sur la protection des points d’eau, commandé par le gouvernement en septembre 2018, publié sur le site du Conseil général de l’environnement et du développement durable le 1er juillet, lève une partie du voile sur les mécanismes qui conduisent à cette absence de progrès. Un nouveau moyen de réduire les superficies sans pesticides est en effet récemment apparu : recenser officiellement moins de points ou de cours d’eau. »

secMalgré le principe de non-régression, selon lequel la protection de l’environnement, assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’environnement, ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, la colossale pression exercée par les lobbies de l’agrochimie peut tout de même aboutir à ce véritable révisionnisme géographique…

D’après le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), « Dans de nombreux départements, le jeu d’acteurs et les rapports de force locaux ont conduit à une réduction, parfois forte, du réseau hydrographique protégé par des zones non traitéesAlors que la protection de l’ensemble de ce réseau est nécessaire pour atteindre les objectifs de qualité des eaux superficielles et réduire les coûts de potabilisation ». (Selon une étude du Commissariat général au développement durable de 2015, le coût du traitement de l’eau potable lié à ces polluants est estimé entre 500 M€ et 1 Md€ par an. Sachant vraisemblablement que le coût des interconnexions devenues un réflexe en zones rurales n’est pas pris en compte…)

En treize ans, le ministère de l’Agriculture a donné quatre définitions successives et autant de listes des cours d’eau qui doivent respecter les bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).

Le respect des bonnes conditions agricoles et environnementales impose notamment que les exploitants agricoles mettent en place une bande tampon de 5 mètres de large au minimum, sans traitement phytopharmaceutique ni fertilisation, le long des cours d’eau. Un couvert, qu’il soit herbacé, arbustif ou arboré, implanté ou spontané devrait également y être maintenu.

En attendant… l’IGN et l’Agence française pour la Biodiversité (AFB) doivent construire un nouveau référentiel cartographique – baptisé Topage –  d’ici fin 2019 (…). Ce dernier sera issu du rapprochement entre leurs bases de données. Le CGEDD propose de réfléchir à une inscription des cartographies produites à partir de ce futur référentiel, dans la réglementation – cours d’eau « police de l’eau », arrêté ministériel ZNT, zones tampons BCAE – en remplacement de la cartographie IGN 1/25 000e actuelle.

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