DORMEZ BONNES GENS !

Passées les bornes, y’a plus de limites…

Des bornes que l’ANSES a franchi d’un bel élan avec son avis du 30 janvier dernier relatif à l’évaluation de la pertinence des métabolites de pesticides  dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH)                     

RAPPEL

Un métabolite de pesticide doit être évalué pertinent pour les EDCH s’il y a lieu de considérer qu’il pourrait engendrer un risque sanitaire inacceptable pour le consommateur. En 2017, 34 laboratoires sont agréés pour l’analyse de pesticides et métabolites dans les EDCH avec des listes de composés agréés allant de 7 à plus de 500 par laboratoire et une médiane de 159 molécules par laboratoire. Au total 764 pesticides ou métabolites de pesticides font l’objet d’un agrément par au moins un laboratoire. Sur ces 764 molécules un peu moins de 10 % sont des métabolites.

Pour faire court (le rapport comprend 101 pages), il s’agit ni plus ni moins que de réévaluer les TTC (ça ne s’invente pas…), seuils de préoccupation toxicologique selon l’EFSA Autorité européenne de sécurité alimentaire– pour fixer une valeur-seuil de 0,9 microgramme/l pour les métabolites de pesticides classés non pertinents

Soit un coefficient multiplicateur de 9 fois la limite actuelle de qualité…

(Si ce TTC-là était une mesure fiscale, ce ne serait pas une révolte, sire, mais une révolution !)

Parmi les métabolites lauréats de ce premier « concours » : les métabolites alachlore ESA, acétochlore ESA, acétochlore OXA, métazachlore ESA et métazachlore OXA sont classés « non pertinents pour les EDCH ».

Les autorités ne reculant devant aucun sacrifice continuent de chercher à déterminer les pertinences ou non de métabolites (et quand on cherche on trouve…) : le dernier en date -qui nous est particulièrement cher- est le CGA Dimétachlore 369873, déclaré non pertinent par l’Avis ANSES du 15 mars dernier.

Le préfet de l’Yonne rencontré en Avril dernier lors d’une réunion consécutive à notre Lettre ouverte eau préfet nous avait annoncé comme imminente une mystérieuse « doctrine régionale, voire nationale » concernant la gestion des métabolites de pesticides… Nous n’avons jamais eu le moindre retour à ce sujet (ni aucun retour sur quoi que ce soit d’ailleurs…).

Gageons que ces avis « éclairés » de l’ANSES forment l’essentiel de cette « doctrine », à charge pour la valetaille associative, de se débrouiller pour en prendre connaissance et de s’apercevoir qu’elle reste l’immuable pot de terre contre le pot de fer…

Contacté par nos soins, le président d’Alerte Médecins Pesticides, le docteur Pierre-Michel Périnaud vient de nous faire part de leur communiqué commun avec Générations futures sur ce sujet précis.

Extraits :

Accepter ce changement serait une régression et permettrait de tolérer une pollution des ressources en eau toujours plus importante.

Plus grave encore : l’expertise de l’Anses reconnait que « concernant le potentiel de perturbation endocrinienne et les cas de transformation en un produit dangereux pour la santé humaine au sein des filières de traitement EDCH, les données relatives aux métabolites sont insuffisantes. » De même l’Anses reconnait que « ces travaux écartent… la problématique des effets des mélanges de pesticides et/ou métabolites. »

Cette expertise pourrait s’avérer à l’avenir très dangereuses car d’après l’Agence elle- même : «la méthode est destinée à être mise en œuvre par l’Anses pour tout métabolite de pesticides sur saisine de la DGS. »

Cette perspective est inacceptable et nous demandons au gouvernement de ne pas adopter ce changement d’approche de gestion des métabolites de pesticides dans les EDCH. Nous demandons au Gouvernement et à la ministre de la Santé de ne pas donner d’instructions aux Agences Régionales de Santé (ARS) afin que ne soit pas appliqué les dispositions contenues dans cet avis. Le ministère de la Santé doit continuer à considérer comme non-admissibles tous les métabolites de pesticides supérieurs à 0,1 μg/L !

Mais comme chacun sait, les médecins ne sont pas compétents en matière de santé…

Pour conclure (provisoirement) reprenons ce merveilleux titre d’un excellent roman (Grasset) de la regrettée Christiane Rochefort, admiré par le non moins regretté François Cavanna :

« Encore heureux qu’on va vers l’été »

 

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